Un roman de Mr. Henri Keller
L’unité de lieu est une mine de manganèse noir qui s’étend dans un enchevêtrement de montagnes arides et sauvages sur le versant sud du Haut-Atlas dont les som¬mets tourmentés, souvent couverts de neige, barrent, d’un côté, l’horizon. Vers le sud s’ouvre le désert, loin, très loin au-delà de l’oued Imini qui a donné son nom à la mine.
Dans cet endroit qui n’est ni un village et encore moins une ville, des gens travaillent et gagnent leur vie. Ce n’est pas seulement « le vent qui rend fou », mais aussi la chaleur des longs étés, la splendeur des paysages brûlés, l’isolement, le mal du pays qui bousculent les habitudes, les repères et même l’entendement. Néan¬moins, quel que grinçant et amer que soit le constat de « La vie, les amours et la mort de Mat. 11668 », la poésie, les rêves, poussés, inventés, par la magique beauté de cet endroit où il n’y a rien, finissent par l’emporter, renver¬sant dans leur tourmente quelques destins qui sont narrés ici.
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Préface du roman « Azougar, fragment de vie dans l’atlas ».
Imini, le lieu où se passe l’histoire que nous raconte Henri Keller est mon village natal. J’y ai vécu en permanence jusqu’à l’âge de onze ans. Les quatre années suivantes j’y rejoignais ma famille durant les vacances scolaires.
Pendant cette période, les Azougar vivaient à Imini, ils étaient nos voisins pendant près d’une dizaine d’années. Des liens étroits d’amitié se sont tissés entre nos familles. Ils étaient d’ailleurs les seuls Européens que nous fréquentions.
Leurs deux filles avaient le même âge que ma sueur et moi, et leur troisième fille le même âge que ma petite sueur, dernière d’une famille de six enfants.
Le roman d’Henri Keller me ramène plus de vingt ans dans le passé, dans ce lieu perdu et isolé au sud su Maroc, un lieu aride, semi désertique mais dont le paysage est d’une rare beauté. Beaucoup de gens d’origines diverses se sont retrouvés autour de cette mine pour y gagner leur vie. On y trouvait des Marocains de différentes régions, des Européens dont beaucoup de Français. Des liens étroits de solidarité, d’amitié et de respect mutuel se sont créés entre les deux communautés.
A travers son roman, Henri Keller a su nous décrire, avec beaucoup de talent et de sincérité, cette période que nous avons vécue ensemble à Imini. Lui, l’Européen occupant un poste important à la mine – il était ingénieur -, moi le petit enfant marocain qui avait beaucoup d’admiration et de respect pour les Azougar, pour leur gentillesse et leur ouverture d’esprit.
Lorsque Henri Keller nous dévoile une facette de la vie privée du f’kih dont j’étais élève, le premier souvenir qui me vient à l’esprit est celui de la douleur que je ressentais lorsque je recevais des coups de son bâton qui ne le quittait jamais de la journée.
Habbiba, la chikha, je la connaissais davantage, c’était la femme de ménage des Azougar. Elle venait boire le thé à la menthe chez nous. Nous, les enfants, l’aimions bien. Elle nous racontait beaucoup d’histoires et des poèmes de Sidi Abderrahmane EI-Majdoub, elle connaissait tous ses poèmes par coeur et nous disait qu’il était originaire de son village. C’était la première fois que j’en¬tendais parler de ce poète dont l’oeuvre est ancrée dans la culture populaire marocaine.
Pour nous récompenser de notre sagesse, Habbiba me permettait avec mon frère et ma sœur d’aller jouer dans la salle de jeux des filles des Azougar pendant leur absence, nous en étions ravis. Chez la plupart des Marocains du village, Habbiba avait une mauvaise image, peut-être parce qu’elle vivait seule, sans mari ni enfant, ou parce qu’elle fumait des cigarettes et du kif et qu’elle buvait du vin. En tout cas, c’était une brave femme.
L’été 74 fut le dernier que j’ai passé à Imini. J’avais effectué un stage au laboratoire de la mine dont Azougar était le responsable. Il m’impressionnait par son allure et sa voix. Quand il se mettait en colère, il devenait tout rouge ; c’est pour cette raison qu’on l’avait surnommé « Azougar », ce qui veut dire «rouge» en berbère.
A la fin du stage, Azougar m’avait invité à dîner chez lui, j’étais ravi, c’était la première fois qu’un Européen m’invitait chez lui. J’ai passé une bonne soirée, c’est la dernière fois que j’ai vu Azougar. Quelques jours plus tard, ma famille déménageait à Casablanca où mon père fut muté.
Après mes études secondaires à Casablanca, je suis arrivé en France pour faire mes études. Actuellement, je suis professeur de mathématiques dans un lycée nantais. Les souvenirs d’Imini ne me quitteront plus jamais. Je remercie Henri Keller d’avoir immortalisé cette période de l’histoire d’Imini.
Mohsine Herda.
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je suis le petit fils de kafayur le chef haj abdallah,
on a peut etre fait les etude primaires enssemble avec M et Mm Romanof .